vendredi 2 mars 2012

COUP D'ESSAI

Coudre, broder, peindre, s'amuser, c'est bien mais pourquoi pas ajouter une nouvelle corde à notre arc ? Pourquoi ne pas s'amuser de temps en temps à des jeux d'écriture ? Six d'entre nous étaient partants, quatre ont travaillé sur la première consigne. Il s'agissait d'écrire un texte au sujet libre mais où devaient figurer les mots suivants commençant tous par la lettre A, au singulier et/ou au pluriel :

âne, alligator, association, autorité, autonomie, anticonstitutionnellement ou anticonstitution-nel, amour, altercation, adhérent, allergie, amélioration

Le texte de Priscilla
(avec les félicitations de toutes et tous car il faut préciser
 que la langue maternelle de l'auteur est l'anglais !)

Vous savez très bien, cher lecteur, que dans le royaume des animaux il existe des inimitiés profondes.  Mais les grandes amitiés dans ce royaume sont moins bien connues et sont souvent d’origine bizarre.  Est-ce que vous saviez, par exemple, que l’âne et l’alligator sont des âmes sœurs ?  Je vais vous raconter aujourd’hui l’origine de cette association insolite.
 Il était une fois, un âne se baladait un jour au bord d’une longue rivière cherchant de quoi se rassasier.  Ayant repéré une touffe de chardons sur la rive opposée il s’arrêta.  Vous savez, bien sûr, qu’il n’y a aucun délice aussi tentant pour un âne que le chardon ; mais vous ignorez peut-être qu’un âne ne traversera jamais de l’eau courante.  « Hi han » soupira notre ami aux longues oreilles, en réfléchissant à son problème, « ces beaux chardons me donnent l’eau au musette, il faut que je trouve un moyen de traverser cette rivière pour les déguster.»
 Il piétina impatiemment pendant quelques minutes en ruminant son problème, lorsque tout d’un coup il espionna une bûche cachée dans les roseaux. « Hi Han » médita-t-il « il me semble bien qu’en pivotant cette bûche elle atteindra l’autre rive et je pourrais m’en servir comme pont. »
 L’âne donc, ainsi décidé, mit son sabot non sans hésitation sur un bout de la bûche et commença à l’orienter.  Vous pouvez imaginer alors la stupéfaction de l’âne lorsque la bûche sauta de l’eau, ouvra une grande bouche montrant une armée de dents pointues comme des couteaux et cria; « Mais qui êtes vous et par quelle autorité osez-vous me réveiller de mon roupillon ? »
L’âne recula de quelques pas, se dressa pour se donner un air d’importance et répliqua froidement : « J’ignore qui vous êtes, mais je n’ai jamais vu une bête pareille de ma vie avec ces dents affreuses et ces jambes courtes et toutes courbées.  Et par quel accident terrible avez-vous perdu tous vos poils ? Vous n’êtes sûrement pas d’ici car, si vous l’étiez, vous saurez que vous êtes ici dans le royaume des ânes. Je suis un âne, et dans ce pays l’âne est doté d’une autonomie complète d’agir selon son gré,  alors allongez-vous dans l’eau et laissez moi traverser sans plus tarder. Sinon, je vous préviens que je devrai vous dénoncer aux ânedarmes pour avoir agit anticonstitutionnellement. »
Lorsqu’il entendit ces mots, l’alligator se mit à pleurer. Des grandes larmes (et non pas des larmes de crocodile, bien sûr, puisqu’il s’agissait d’un alligator) coulamment le long de son nez.
 
« Pour l’amour de dieu » protesta l’âne.  « Quel raffut ! Pourquoi vous prenez-vous comme cela ?  Il n’y a pas eu d’altercation entre nous – je n’ai pas été méchant avec vous. Je vous ai simplement expliqué la situation telle qu’elle est. »
 
« Je pleure,» répondra l’alligator, « parce que si c’est vrai que je me trouve dans le royaume des ânes alors je suis loin de chez moi et je suis perdu.  Je ne suis pas donc adhérent à votre constitution d’âneries.  Je suis un alligator et je viens du royaume des alligators.   Je me baladais hier au bord de la rivière selon mon habitude lorsque tout d’un coup j’ai été attaqué par une bande de moustiques.  Or j’ai une grande allergie aux moustiques – vous voyez bien les lésions que leurs piqûres m’ont occasionnées, bien qu’il y ait une grande amélioration depuis hier - alors je me suis glissé dans l’eau pour les éviter.  Mais une marée est arrivée et m’a engouffré.  Je me suis retrouvé ce matin ici mais j’ignorais jusqu’alors que je n‘étais plus dans mon pays.  O quelle misère. »  Et il se mit à pleurer de nouveau.   Des grands sanglots firent trembloter son corps.
 
« Voyons » dit notre ami l’âne, qui était au fond un être de toute gentillesse qui était touché par la détresse de l’autre,  « Cessez de pleurer,  je vous en prie. Je n’ai aucune idée comment vous faire rentrer dans votre pays, mais vous pouvez rester ici avec moi.  Vous pourriez me servir -si vous voulez bien-, de pont de temps en temps et moi, je vous protégerai des moustiques et des autres petites bestioles en agitant ma belle queue. »  Et il en fit une démonstration. 
 
L’alligator, ne voyant pas trop d’alternative, donc resta dans le royaume des ânes auprès de son nouvel ami.  Les deux animaux devinrent inséparables l’un de l’autre jusqu’à la fin de leurs vies.  Et c’est pourquoi pour toute l’éternité il existe entre l’âne et l’alligator – partout où ils se rencontreront – une amitié étrange peut-être mais dorénavant, cher lecteur par vous au moins, tout à fait explicable.

 Le texte de Marie-Claude LD
(coup de maître pour un coup d'essai ! - une sortie au zoo de Pont-Scorff)



De bon matin au printemps, tous les adhérents de notre association se rendent au zoo de Pont-Scorff. Le car super équipé viens nous prendre sur la place du bourg. Depuis quelques années il y a eu beaucoup d'améliorations dans ces véhicules. Le chauffeur nous dit que le car a une autonomie de 2000 kilomètres !

Il est l'heure de partir. Le conducteur, avec autorité, fait l'appel de notre petie équipe. Nous roulons dans la direction de Pont-Scorff ou nous arrivons vers dix heures. A l'entrée quelques soucis avec nos billets d'entrée. Après une petite  altercation le contrôleur nous laisse entrer.

La visite commence tout de suite par l'endroit où se trouvent deux alligators énormes avec une gueule immense à faire peur ! Plus loin un âne a l'air de déclarer son amour à une belle ânesse ! Quel beau tableau !

Notre visite continue jusqu'au pique-nique de midi. Après notre repas quelques jeux dont le mot le plus long et évidemment le mot anticonstitutionnel viens sur le tapis. Cela était une évidence.

Le reste de la journée se passe encore dans le zoo puis retour dans notre village. Quelle belle journée !

Le texte de Michèle
 Fiançailles au château

Ma Chère Framboise,

Tu réclamais des nouvelles du pays, en voici. Ce samedi j'étais invitée aux fiançailles de Jean-Eudes de Brécourt et de Anne-Charlotte Morand (1), ils s'aiment à c'qu'on dit. J'ai toujours trouvé que l'amour rendait bête ! Vois comme ma journée a été difficile, j'en ai refait une crise et suis bonne pour une nouvelle poussée d'allergie. J'ai pensé à toi, à Maré, au saut du guerrier... Quelle chance tu as ! Ici, ça brouillasse, ça brumasse, mes maillots n'en finissent pas de sécher et j'ai, pour la journée, chaussé des escarpins de dix centimètres qui me laissent les pieds en bouillie, en purée, en compote, tu choisiras. Voici ce que je retiendrai de ces fiançailles (je sais, j'ai la dent dure et ne suis pas gentille, mais tu es habituée n'est-ce pas ?). Bonne lecture !
Le fiancé d'abord : un nom, une maison énorme avec deux tours, hauteur des plafonds, à vue de nez dans les 4.50 m, des salles et encore des couloirs (autrefois on appelait ça un château), un blason. Lui, le Jean-Eudes, boutonneux comme une fraise, deux petits yeux ronds (ceux d'un âne),financièrement à l'abri (je m'oublie, il est indécent de parler d'argent !), sait conjuguer le verbe "servir" à tous les modes et à tous les temps, porte des lunettes à verres épais, aime batifoler loin du regard de "père". En bref : une vraie catastrophe !

La fiancée : un nom, pas de château mais de la terre, un blason, un p'tit cul mais trop de dents (on se bat à l'intérieur, de profil elle a une tête d'alligator ! (Bouh ! méchante que je suis !), pas moche cependant, je la qualifierais de p'tit bouchon, un papa, une maman, du fric mais aucune autonomie, je suis à peu près certaine qu'elle demande à papa l'autorisation d'aller toilettes tant elle est niaise, et avec ça encore oie blanche si tu vois ce que je veux dire ! Et avec son Jean-Eudes il faut la voir, elle ne sait que dire oui chéri et non chéri !

Les pères : ont navigué de consulats en ambassades, sont tous deux adhérents de l'A.A.P ( Association des Aristocrates en Perdition), droits dans leurs bottes, un gros penchant pour l'autorité avec un grand A mais aussi pour le p'tit coup de cognac qu'ils avalent cul-sec, dédaigneux pour tout ce qui ne porte ni titre ni charge, imbus d'eux-mêmes, se présentent en débitant leur arbre généalogique même si vous vous moquez des capétiens et autres carolingiens comme de votre première chemise, sont ravis d'avoir investi une fortune dans 4 années de rallye pour caser les petits... Ouf ! Pas de mésalliance en vue, rendez-vous compte, c'eût été anticonstitutionnel sans doute ! Une petite amélioration malgré tout, le père Morand a compris qu'il ne devait pas souffler ses fumées de cigare à la tête des dames !
Les mères : ah la la ! Que dire des mères ? Pincées, coincées, chapeautées, parfumées, pomponnées, elles ont passé en revue tout ce qui rendait leur quotidien impossible (il est devenu impossible de se faire servir très chère !), ont cassé du sucre sur le dos des bonnes polonaises et du jardinier, ont promené leur chien-chien, se sont étonnées de ne pas s'être rencontrées à St Tropez en juillet et à Méribel cet hiver (pourtant nous y skions tous les ans !). La mère d'Anne-Charlotte a déchiré son tailleur couture ( la faute à un rosier mal taillé... pauvre jardinier !). Elles ont tout dénigré : le menu, les vins, les fleurs, tant et si bien que nous avons frisé l'altercation entre Madame de Brécourt et le responsable de la décoration ! En conclusion : je ne les aime pas !

Fort heureusement il y avait le barman pour me distraire en catimini et j'ai pu échapper au Docteur Machin, grand-père érudit qui en sait beaucoup sur les civilisations grecque, latine et autres. La salle de billard était vide, je m'y suis réfugiée pour fumer !

Pour corser le tout, il a plu et je me suis ennuyée à mourir. J'ai malgré tout réussi à m'échapper assez tôt : oui Anne-Charlotte, ta bague est magnifique ! Quel merveilleux diamant ! Oui, nous nous verrons certainement à Paris... la semaine prochaine, oui, je t'adresse un courriel dès mon arrivée , oui cette journée s'est révélée superbe (quel cauchemar !)... Au revoir, à bientôt, merci pour tout !

Et je me suis enfuie, laissant plantés là le fiancé, la fiancée, les pères, mères et dindons ! La campagne, ses bipèdes à plumes, ses quadrupèdes à poils, ses bonnes odeurs d'herbe mouillée et de purin fraîchement répandu ne me reverront pas de si tôt ! Ah si tu savais comme je déteste la cambrousse ! Et ne me répète pas que je ne suis pas gentille car gentille moi ? Jamais !

Ta Chère Cerise

Le texte de Doreen
qui a réussi un bon coup en casant tous les mots dans un texte court : Il fallait le faire !

I had for a very long time been an adherent of a particular association, for the autonomy and working conditions of animals in this very poor region. I am at present involved with two creatures in particular one a very emaciated Donkey, suffering with a serious skin allergy and a young Alligator, both of which are kept in appalling conditions. For the love of both these creatures, it was necessary for me to engage in a serious altercation, with their poor and uneducated owners. Both of these creatures are used to supplement their very meagre income, the Donkey for carrying extremely heavy loads for the poorer people in the village, who cannot afford a Donkey of their own and the Alligator is used to tempt tourists who visit the area, to have their photograph taken with it.  I will not rest, even if it does mean showing my authority, having been appointed all be it, by an anti-constitutional government body the position of Animal Welfare Officer to maintain further improvement in the animal’s lives and to educate their owners, as to why it is so important for them to maintain and care for the animals in a more humane manner.  

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